QR code, RFID ou NFC : quel support de données choisir pour votre DPP ?
Le QR code est le support de données principal du DPP, recommandé pour la plupart des produits car il est lisible par tout smartphone, peu coûteux et compatible avec le standard GS1 Digital Link. Le NFC et la RFID sont des compléments utiles : le NFC pour une expérience produit haut de gamme ou des environnements difficiles, la RFID pour la logistique et les opérations par lots. La norme EN 18220 encadre ces trois technologies.
Un passeport numérique de produit n’existe concrètement que par son support de données : ce petit élément, apposé sur le produit, qui permet d’accéder aux informations. Mais lequel choisir ? QR code, RFID, NFC : chacun a ses forces et ses limites. Ce guide comparatif vous aide à décider, sur la base de la norme européenne EN 18220 et des pratiques actuelles du marché.
Ce que dit la norme EN 18220
La norme EN 18220:2026, publiée par CEN-CENELEC le 27 mai 2026, définit les exigences pour les supports de données du DPP. Selon les éléments publiés sur cette norme, elle standardise les caractéristiques des codes-barres 1D/2D (dont le code Data Matrix et le QR code), de la RFID et du NFC, en termes de symbologie, d’encodage, de qualité de production et de durabilité. L’objectif : garantir une lecture fiable par machine et l’interopérabilité entre tous les acteurs de la chaîne de valeur.
La norme s’aligne sur plusieurs standards internationaux reconnus, notamment la série ISO/IEC 15961 (protocole de données RFID), la série ISO/IEC 18046 (méthodes de test de performance RFID) et les standards GS1.
Le QR code : le support de référence
Le QR code (Quick Response) est un code-barres en deux dimensions, composé d’un motif de carrés noirs et blancs. C’est le support privilégié pour le DPP, pour des raisons solides.
Ses avantages :
- Accessibilité universelle : tout smartphone moderne peut le scanner, sans matériel dédié.
- Coût très faible : il s’imprime sur l’étiquette ou l’emballage sans surcoût notable.
- Contenu dynamique : associé à un QR code « dynamique », il permet de mettre à jour les données sans réimprimer l’étiquette.
- Compatibilité GS1 Digital Link : un même QR code sert à la fois en caisse et pour l’accès du consommateur au DPP. La transition GS1 Sunrise 2027 prévoit d’ailleurs que les points de vente acceptent les codes 2D, dont le QR, d’ici fin 2027.
Ses limites :
- Il nécessite une ligne de vue directe (il faut le voir pour le scanner).
- Il ne permet pas la lecture par lots (un produit à la fois).
- Une étiquette imprimée peut s’user dans le temps.
Le NFC : l’expérience de proximité
Le NFC (Near Field Communication) est une puce sans contact que l’on approche du smartphone. C’est le même principe que le paiement sans contact.
Ses avantages :
- Simplicité d’usage : il suffit d’approcher le téléphone, sans application de scan.
- Robustesse : plus résistant qu’une étiquette imprimée dans des conditions difficiles (mauvais éclairage, surface sale, espace confiné).
- Expérience premium : apprécié dans le luxe et les produits haut de gamme pour une interaction soignée.
Ses limites :
- Coût plus élevé que le QR code (puce à intégrer).
- Tous les smartphones n’activent pas le NFC par défaut.
- Lecture d’un seul article à la fois, comme le QR.
Selon le portail ESPR Registry, la spécification technique de la Commission fait du QR code le support principal et du NFC un support additionnel optionnel : un fabricant doit donc utiliser un QR code et peut ajouter le NFC, mais ne peut pas se reposer sur le NFC seul.
La RFID : la championne de la logistique
La RFID (Radio Frequency Identification) utilise des ondes radio pour lire des étiquettes à distance, parfois plusieurs à la fois.
Ses avantages :
- Lecture par lots : des dizaines d’articles lus simultanément, sans ligne de vue. Idéal en entrepôt, centre de tri, usine de recyclage.
- Grande capacité et durabilité : adaptée aux produits à longue durée de vie et aux cycles multiples (revente, recyclage).
- Automatisation : réduit fortement les coûts de scan manuel dans les opérations de masse.
Ses limites :
- Elle nécessite un lecteur RFID dédié : un consommateur ne peut pas lire une étiquette RFID avec son smartphone.
- Coût d’infrastructure plus élevé.
- Pour cette raison, la RFID n’est pas adaptée comme support principal grand public du DPP ; elle est utilisée en complément.
Tableau comparatif
| Critère | QR code | NFC | RFID |
| Lecture par smartphone | Oui | Oui (si activé) | Non (lecteur dédié) |
| Coût unitaire | Très faible | Moyen | Moyen à élevé |
| Lecture par lots | Non | Non | Oui |
| Durabilité | Moyenne (impression) | Élevée | Élevée |
| Rôle dans le DPP | Support principal | Complément optionnel | Complément logistique |
| Usage type | Accès consommateur | Premium, environnements difficiles | Entrepôt, tri, recyclage |
Comment choisir : la logique recommandée
La pratique qui se dégage est celle d’une approche hybride et pilotée par le QR code :
- Toujours commencer par un QR code GS1 Digital Link : c’est le socle, exigé comme support principal et accessible à tous.
- Ajouter le NFC si le produit est haut de gamme, ou si des professionnels (réparateurs, techniciens) doivent accéder aux données dans des conditions où le scan d’un QR est difficile.
- Ajouter la RFID pour les opérations logistiques de masse (entrepôts, centres de tri, recyclage), en particulier pour les produits à cycles multiples. La donnée DPP reste alors stockée dans le cloud et liée dynamiquement.
L’erreur à éviter : choisir RFID ou NFC seul en pensant économiser une étape. Le QR reste obligatoire comme point d’accès universel.
FAQ
Le QR code est-il obligatoire pour le DPP ?
C’est le support principal retenu dans les spécifications techniques. Un fabricant doit prévoir un QR code et peut ajouter le NFC ou la RFID en complément, mais ne peut pas s’appuyer uniquement sur ces derniers.
Puis-je utiliser uniquement une étiquette RFID ?
Non, pas comme support principal grand public : la RFID exige un lecteur dédié, inaccessible au consommateur avec un simple smartphone. Elle s’utilise en complément du QR code, surtout pour la logistique.
Le QR code dynamique change-t-il le contenu du passeport ?
Un QR code dynamique pointe vers une adresse web dont le contenu peut être mis à jour. Le code imprimé ne change pas, mais les données auxquelles il donne accès, oui — ce qui répond à l’exigence d’exactitude continue de l’ESPR.
« Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un avis juridique. En cas de divergence, le texte officiel publié au Journal officiel de l’Union européenne prévaut. »

